Christsein im Geiste von Nicäa

Cette année, au mois de mai, eut lieu le 1700e anniversaire du Concile de Nicée, le premier concile œcuménique de l’Église, et le pape Léon XIV a annoncé qu’il se désirait se rendre en Turquie, où se trouve aujourd’hui Nicée, pour commémorer ce grand événement.

Nicée peut nous sembler lointain, pour l’époque et la géographie, à mille lieues de nos préoccupations quotidiennes. Pourtant, tout ce qui concerne l’histoire de l’Église doit toujours être actuel pour nous, car chargé d’enseignements dont le temps n’amoindrit pas la valeur. Internet, parfois, nous absorbe, nous lisons toutes sortes de choses, pensons tout savoir, mais nous devons nous demander quelle place tiennent, dans nos occupations, l’étude de l’histoire de l’Église, l’étude de la théologie et celle de la philosophie chrétienne. Sans cette étude, la vie spirituelle d’un chrétien ne pourra jamais se développer, elle sera seulement superficielle et sentimentale, destinée à s’étioler.

Être chrétien signifie être disciple de Jésus-Christ. Mais comment pouvons-nous être disciples de Jésus-Christ sans approfondir la connaissance que nous avons de Lui ? Dans son premier discours, à la Chapelle Sixtine, le 9 mai 2025, le Pape disait : « Jésus doit être annoncé à tous. Non pas comme un surhomme, comme on le considère parfois, mais comme le Christ, le Fils du Dieu vivant ».

Il revint au Concile de Nicée, aux quatre premiers Conciles œcuméniques de l’Église, d’éclaircir la véritable nature de Jésus-Christ, vrai Dieu et vrai homme, en promulguant les premières grandes vérités de la foi. Saint Grégoire le Grand a comparé les quatre premiers conciles œcuméniques de l’Église aux quatre Évangiles : « J’affirme que je vénère avec dévotion les quatre premiers Conciles à l’égal des quatre livres du saint Évangile » (Épître I, 24 : PL 77, col. 478). Les quatre conciles auxquels il fait référence sont ceux de Nicée (325), Constantinople I (381), Éphèse (431) et Chalcédoine (451). Ils ont formulé les dogmes fondamentaux de l’Église : les dogmes trinitaire et christologique, ainsi que le dogme tout aussi important de la maternité divine de Marie.

Les antitrinitaires du IVe siècle, disciples du prêtre Arius, niaient la divinité du Christ. Ils soutenaient que seul le Père pouvait être le seul et unique vrai Dieu. Le Verbe, intermédiaire entre Dieu et le monde, serait en revanche d’une substance différente de la substance divine. Contre les Ariens, Nicée proclame que le Verbe est le vrai Fils de Dieu, de la même substance que le Père et donc vraiment Dieu. Le terme « consubstantiel » exprime la parfaite égalité du Verbe et du Père. Le concile de Constantinople a confirmé le symbole de Nicée, en établissant que le Saint-Esprit est véritablement Dieu comme le Fils et le Père.

Contre l’hérétique Nestorius, le concile d’Éphèse a affirmé la maternité divine de Marie et l’unité réelle et substantielle de la divinité et de l’humanité du Christ dans l’unique Personne du Verbe, seul sujet auquel on doit attribuer la propriété et les opérations de l’une et l’autre natures. Lorsque, en opposition à Nestorius, un autre hérétique, Eutychius, a prétendu défendre l’unité substantielle du Christ, au point de postuler en elle non seulement une seule Personne, mais aussi une seule nature, le concile de Chalcédoine établit que les deux natures du Christ sont unies en une seule personne, mais distinctes, non confondues, ni changées ou altérées de quelque manière.

Les quatre premiers Conciles de l’Église ont donc établi qu’il n’y a qu’un seul Dieu, en trois personnes, et que Jésus-Christ, le Verbe incarné, a deux natures, la nature divine et la nature humaine, mais une seule Personne divine.

De ces mystères découlent quatre grandes vérités :

1) Tout d’abord, la divinité de Jésus-Christ. Il est Dieu, la deuxième des personnes divines. Il est Dieu de toute éternité et pour l’éternité.

2) Étant Dieu, il est pourtant aussi homme, et comme tout homme, il a une âme et un corps, il a un esprit, une volonté et une sensibilité. Jésus-Christ a toutes les facultés et qualités humaines, parce qu’à côté de la nature divine, il a une nature humaine.

3) Troisièmement, les deux natures de Jésus-Christ, la nature divine et la nature humaine, sont, en lui, unies mais non confondues. Jésus-Christ est à la fois Dieu parfait et homme parfait.

4) Enfin, c’est dans l’unité de la personne du Verbe que subsiste l’union de Dieu et de l’homme. Cela signifie que la nature humaine est, en Jésus-Christ, absorbée dans la personne divine. La nature humaine ne peut être mue que par la nature divine, de même que le corps de tout homme est incapable d’une activité qui ne vienne pas de l’âme.

Celui qui ignore ces vérités ne peut se dire chrétien. Être chrétien signifie être fait à l’image de Jésus-Christ, être formé et transformé par le Christ, recevoir de lui la vie et, par lui, grandir dans la vie divine.

Dom François Pollien, dans son chef d’œuvre Cristianesimo vissuto (Rome, Ed. Fiducia, 2023), nous explique qu’il ne peut y avoir de vie chrétienne sans la réunion des quatre caractères qui constituent le Christ : la perfection de l’élément divin ; la perfection de l’élément humain ; l’union du divin et de l’humain ; l’anéantissement de l’indépendance de l’homme devant Dieu.

Le premier élément est l’élément divin : la primauté de Dieu dans nos vies. Si nous croyons en Dieu et comprenons qui est Dieu, nous devons diriger toute notre vie vers Lui et vers Sa gloire, en cherchant à faire grandir continuellement en nous la gloire de Dieu.

Le deuxième élément est l’élément humain : nous devons développer corps, cœur et esprit, en les orientant vers leur fin, qui est Dieu. Cet élément a pour modèle la nature humaine de Jésus-Christ, en qui, cependant, tout était parfait dès le début. Pour nous, au contraire, la perfection est un point d’arrivée vers lequel nous devons tendre de toutes nos forces.

Le troisième élément est l’union du divin et de l’humain par l’action de la grâce, qui apporte à notre âme la vie divine. Sans l’action de la grâce divine qui vivifie nos facultés humaines, nous ne pouvons rien faire de bon, Cet élément correspond à l’union, sans confusion, des deux natures dans le Christ, la nature humaine et la nature divine.

Enfin, le quatrième élément est la soumission complète de l’humain au divin, de notre volonté à la volonté de Dieu, de sorte qu’il n’y ait pour ainsi dire qu’une seule Personne, qui n’est pas la nôtre, mais celle de Jésus-Christ qui vit en nous. C’est ce qui se passe dans le Christ, en qui l’unique Personne divine absorbe les deux natures.

Notre vie de chrétien est une semence qui doit se développer en tendant à la perfection des quatre caractères que nous avons trouvés dans le Christ. C’est là le grand horizon, le grand but de l’âme chrétienne : un christianisme vécu, fort et viril, plein d’une grande passion, mais sans rien de languissant ni de sirupeux. Ainsi, à la question de Jésus : « Mais vous, qui dites-vous que je suis ?», nous pourrions répondre, avec nos paroles et notre vie, comme Simon Pierre : « Tu es le Christ, le Fils du Dieu vivant » (Mt 16, 13-20).

In diesem Mai jährte sich zum 1700. Male das Konzil von Nicäa – das erste ökumenische Konzil der Kirche. Papst Leo XIV. hat angekündigt, aus diesem Anlaß in die heutige Türkei zu reisen, wo sich Nicäa befindet, um dieses bedeutende Ereignis zu würdigen.

Nicäa mag uns wie ein entfernter Ort in ferner Zeit erscheinen, weit weg von unsern alltäglichen Sorgen. Doch alles, was die Geschichte der Kirche betrifft, muß für uns stets aktuell sein, denn sie ist voller Lehren, die zeitlos sind. Das Internet absorbiert uns oft, wir lesen alles mögliche und glauben, alles zu wissen – doch wieviel Raum nimmt in unserm Leben das Studium der Kirchengeschichte, der Theologie und der christlichen Philosophie ein? Ohne dieses Studium kann sich das geistliche Leben eines Christen nicht entfalten; es bleibt oberflächlich und gefühlsbetont – und wird letztlich verdorren.

Christsein bedeutet, ein Jünger Jesu Christi zu sein. Aber wie kann man ein Jünger Jesu sein, ohne sich in seine Person und sein Wesen zu vertiefen? In seiner ersten Ansprache in der Sixtinischen Kapelle am 9. Mai 2025 sagte Leo XIV.:

„Jesus muß allen verkündet werden – nicht als Übermensch, wie er manchmal dargestellt wird, sondern als der Christus, der Sohn des lebendigen Gottes.“

Es war das Konzil von Nicäa – und mit ihm die ersten vier ökumenischen Konzile der Kirche –, das die wahre Natur Jesu Christi als wahrer Gott und wahrer Mensch klärte und die ersten großen Glaubenswahrheiten definierte. Papst Gregor der Große verglich diese ersten vier Konzile mit den vier Evangelien:

„Ich bekenne, daß ich die ersten vier Konzile mit derselben Ehrfurcht verehre wie die vier heiligen Evangelien.“ (Brief I, 24: PL 77, Sp. 478)

Die vier Konzile, auf die er sich bezieht, sind:

  • Nicäa (325)
  • Konstantinopel I (381)
  • Ephesus (431)
  • Chalcedon (451)

Diese Konzile legten die grundlegenden Dogmen der Kirche fest: das trinitarische und das christologische Dogma sowie das Dogma der Gottesmutterschaft Mariens.

Die Antitrinitarier des 4. Jahrhunderts, Anhänger des Priesters Arius, leugneten die Gottheit Christi. Sie behaupteten, nur der Vater sei der einzige wahre Gott; das Wort (der Logos) sei bloß Mittler zwischen Gott und Welt und habe eine andere Substanz als Gott. Das Konzil von Nicäa aber definierte gegen die Arianer, daß der Logos wahrer Sohn Gottes, von gleicher Substanz wie der Vater und daher wahrer Gott ist. Der Begriff wesensgleich (homooúsios) bringt die vollkommene Gleichheit von Vater und Sohn zum Ausdruck. Das Konzil von Konstantinopel bestätigte das nicäische Glaubensbekenntnis und lehrte, daß auch der Heilige Geist wahrer Gott ist – gleich dem Vater und dem Sohn.

Das Konzil von Ephesus bekräftigte gegen den Häretiker Nestorius die Gottesmutterschaft Mariens sowie die wahre und substantielle Einheit der göttlichen und menschlichen Natur Christi in der einen Person des Logos – die einzige Person, der sowohl göttliche als auch menschliche Eigenschaften und Handlungen zuzuschreiben sind.

Als Eutyches, ein anderer Häretiker, im Gegensatz zu Nestorius die substantielle Einheit Christi so übertrieb, daß er nicht nur eine Person, sondern auch nur eine Natur in Christus annahm, definierte das Konzil von Chalcedon: In Christus sind zwei Naturen – göttlich und menschlich – untrennbar in einer Person vereint, aber weder vermischt, noch verändert, noch in ihrer Eigenart aufgehoben.

Die ersten vier Konzile der Kirche bestimmten also verbindlich:

  • Es gibt nur einen Gott in drei Personen.
  • Jesus Christus, das fleischgewordene Wort, hat zwei Naturen – eine göttliche und eine menschliche –, aber nur eine göttliche Person.

Aus diesen Mysterien ergeben sich vier große Wahrheiten:

1. Die Gottheit Jesu Christi.
Er ist Gott, die zweite göttliche Person. Er ist Gott von Ewigkeit zu Ewigkeit.

2. Die wahre Menschheit Jesu.
Er ist auch Mensch – mit Leib und Seele, Verstand, Willen und Sinnen. Christus besitzt alle menschlichen Eigenschaften, weil er neben der göttlichen auch eine vollkommene menschliche Natur hat.

3. Die Einheit beider Naturen.
Die göttliche und die menschliche Natur sind in Christus vereint, aber nicht vermischt. Jesus Christus ist zugleich wahrer Gott und wahrer Mensch.

4. Die Einheit der Person.
Die göttliche Person des Logos ist Träger der beiden Naturen. Die menschliche Natur ist in Christus vollkommen der göttlichen Person untergeordnet, wie der menschliche Körper ohne die Seele nichts tun kann.

Wer diese Wahrheiten nicht kennt oder leugnet, kann sich nicht Christ nennen. Christsein bedeutet, nach dem Bild Christi geformt und von Ihm verwandelt zu werden, durch Ihn das Leben zu empfangen und in diesem göttlichen Leben zu wachsen.

Dom François de Sales Pollien erklärt in seinem wertvollen Werke Soyez chrétiens (Annecy 1897), daß es kein christliches Leben geben kann, wenn nicht vier Merkmale – die Christus auszeichnen – auch im Christen gegenwärtig sind:

  • Die vollkommene göttliche Dimension.
  • Die vollkommene menschliche Dimension.
  • Die Vereinigung beider.
  • Die Aufhebung der menschlichen Selbständigkeit vor Gott.

Das erste Element ist das Göttliche:
Gott muß der Mittelpunkt unsres Lebens sein. Wer an Gott glaubt und Ihn erkennt, muß sein ganzes Leben auf Ihn und seine Ehre ausrichten – bestrebt, seine Herrlichkeit in sich wachsen zu lassen.

Das zweite Element ist das Menschliche:
Wir müssen unsern Leib, unser Herz und unsern Verstand entfalten – jedoch auf ihr wahres Ziel hin: Gott. Hierbei ist die Menschheit Jesu unser Vorbild. Doch im Gegensatz zu Christus, der von Anfang an vollkommen war, ist unsere Vollkommenheit ein Ziel, das wir mit aller Kraft anstreben müssen.

Das dritte Element ist die Vereinigung beider:
Durch die Gnade kommt das göttliche Leben in unsere Seele. Ohne göttliche Gnade vermögen wir nichts wahrhaft Gutes. Dieses Element entspricht der unvermischten Vereinigung der beiden Naturen Christi.

Das vierte Element ist die Unterordnung des Menschlichen unter das Göttliche:
Unsere menschliche Freiheit und unser Wille müssen sich vollständig dem Willen Gottes unterordnen – bis dahin, daß nicht mehr wir leben, sondern Christus in uns (vgl. Gal 2,20). Wie in Christus die göttliche Person Träger beider Naturen ist, so soll auch in uns nur Er regieren.

Das christliche Leben gleicht einem Keim, der wachsen muß – hin zur Verwirklichung jener vier Merkmale, die wir in Christus sehen. Das ist das große Ziel der christlichen Seele: ein gelebtes Christentum, kraftvoll, männlich, leidenschaftlich – ohne Sentimentalität oder Schwäche. Nur dann können wir auf Jesu Frage: „Ihr aber, für wen haltet ihr mich?“ antworten – mit Worten, aber vor allem mit unserm Leben – wie Simon Petrus:

Du bist der Christus, der Sohn des lebendigen Gottes.“ (Mt 16,13–20)